Bernard Montaud
Bénie soit la crise de l’Occident. Une analyse spirituelle de la crise
2009 – Éditions EDIT’AS Poitou – 47220 Caudecoste – 175 p. - 12 €
La crise, vécue comme une catastrophe par les plus démunis et les dites classes moyennes, perçue comme une mauvaise passe par les classes plus aisées, n’est peut-être pas le cataclysme qu’on nous annonce. La crise, c’est peut-être une chance pour “la mutation de l’ego”, pour la naissance d’une vraie civilisation de partage. Elle reste à la mesure de ce que nous pouvons en percevoir : un lot de souffrances, une malchance passagère, ou une bénédiction du possible. Bernard Montaud nous montre que la crise profonde par laquelle nous passons pourrait être une chance, une « crise bénie qui accouche d’une nouvelle humanité : l’humanité qui partage ». Les propositions de l’auteur restent concrètes : la création d’un Réseau d’Initiatives Solidaires. L’objectif est de permettre à un plus grand nombre de s’entraîner à s’entraider, et d’apprendre à partager des biens à mettre en commun, des services, mais aussi et surtout du « dialogue essentiel » qui conduise, par l’échange, vers la vérité que nous sommes.
L’auteur nous livre sa vision d’une crise en « sept épisodes » : (1) la crise financière, puis (2) économique, (3) énergétique, (4) politique, (5) spirituelle et philosophique, (6) humanitaire, et enfin (7) écologique. Il ne s’agit pas du tout d’une vision idyllique, le bon sens y est enraciné dans une connaissance réaliste de l’homme d’aujourd’hui mené par un ego fébrile et puissant, c’est-à-dire peureux et violent.
Pour B. Montaud, « bénie soit la Crise » si elle provoque chez certain un dépassement de l’ego, si la notion de Service devient un nouveau métier, si nous y apprenons « la juste valeur des choses », si « elle nous fait redéfinir toute la vie active », si nous rattrapons « cent ans de paresse spirituelle ayant produit cent ans de gaspillage et de pollution en matière énergétique » si « elle nous met en sécurité dans des communautés de partage », si nous savons fonder les Etats-Unis d’Europe sur la « vraie démocratie », si « elle réforme le capitalisme sans le renier », si « elle nous fait grandir en maturité dans la foi », si elle nous permet de recomprendre la vieillesse et de regarder la mort en face, et si nous pouvons encore aider les plus démunis.
La conception de Bernard Montaud est globale : il ne s’agit pas d’une réflexion réductible à une idéologie particulière ; et notre totalité d’homme matériel, social, psychologique et spirituel, y est envisagé dans l’ensemble humain et dans la progression de la vie sur Terre.
